i l’on vit en Irlande, considérer une excursion au soleil
en décembre, avec le but principal de recharger de la
vitamine D, n’est pas une idée originale.
Et quand je choisis Malte comme ma destination de
voyage, je ne m’attendais nullement à un naturisme sur
mon ordre du jour. Je serais plus qu’heureux de voir un
ciel bleu et un soleil persévérant. Avec les îles ayant la
réputation d’être le pays le moins favorable aux natu-
ristes en Europe, où la nudité sociale semble être en-
core mal vue, je ne savais pas que ceci allait se trans-
former en un week-end concentré sur le naturisme !
Certes, je me rappelais comment, dans le passé, j’avais
un contact virtuel avec quelques naturistes de cette
partie du monde. Une fois, dans mon hôtel maltais à
Sliema, j’avais soudainement senti que cela valait le
coup d’essayer d’envoyer un message de politesse à
ce site Internet du naturisme maltais. À ma grande
surprise, Adam, le correspondent officiel de la Fédéra
tion Internationale du Naturisme à Malte, réagissait ra-
pidement à mes salutations. Il semblait être intéressé
à se rencontrer, même pour me guider pour une visite,
et j’acceptais volontiers. Les heures suivantes passai-
ent très rapidement. J’explorais La Valette, seul, et je
rencontrais Adam vers le coucher du soleil. Il m’expli-
quait alors qu’à Malte, même le bronzage à poitrine
nue est interdit, comme quelques panneaux indiquai-
ent à proximité de mon hôtel, et que les naturistes peu-
vent recevoir des amendes.
Néanmoins, le site naturiste maltais affiche une liste
de plages, où les naturistes locaux et les touristes se
déshabillent en cachette dans les environs :
la zone de Ġnejna Bay avec la Qarraba Bay et Ta’ Ċens
na, les falaises blanches de Munxar à Marsaskala,
Slugs Bay à Mellieħa, Imgiebaħ Bay à Selmun, Fomm
ir-Riħ Bay à Baħrija, et quelques endroits éloignés sur
les îles maltaises de Gozo et Comino.

Après une conversation agréable au sujet de toutes les
choses naturistes, Adam me proposait de m’amener le
lendemain pour voir d’autres endroits mentionnés sur
la liste officieuse de plages naturistes sur le site Inter
net naturiste maltais.
À seulement une demi-heure de la capitale sur la côte
nord-ouest, nous arrivions à la zone de baignade po-
pulaire de la plage de Ġnejna Bay, après avoir passé
une vallée d’un paysage maltais typique orné d’un pa-
norama agricole traditionnel en terrasses.
De là, nous continuions d’abord en marchant prudem-
ment vers le sud à travers de plates-formes en béton
de hangars à bateaux délabrés, avant d’atteindre les
falaises marines végétalisées où se trouvaient des
espèces endémiques de Limonium, les steppes ther-
mo-méditerranéennes et prédésertiques, et des step-
pes salées. Ce paysage était aussi coloré par des tein-
tes variées d’argile bleue et de calcaire. Un peu plus
tard, nous arrivions enfin à Ta’ Ċensna. En regardant de
la crique, nous nous étonnions de la vue de deux nuan-
ces de bleu, qui se rejoignaient à l’horizon.
Alors je comprenais à quel point un tel endroit hors des
sentiers battus était le favori des naturistes. Nous pas-
sions une grande partie du matin ensoleillé en nous
bronzant sous une douce chaleur de 17° C. Plus tard,
nous changions le côté de la crique rocheuse et conti-
nuions à nager dans des eaux d’une clarté impressi-
onnante, d’une température étonnante de 19° C, ce qui
était plus chaud que la mer d’Irlande en plein été.
Comme nous n’avions pas envie de nous habiller, nous
retournions en costume d’Adam jusqu’à ce que nous
approchions de nouveau des hangars de bateaux.
Dans mon esprit je comparais cette agréable promena-
de nue sous le soleil sympathique maltais à nos condi-
tions irlandaises dures pour les marches, seulement de
la semaine dernière. La force du vent irlandais était
suffisante pour maintenir ma serviette autour de ma
taille.
Je faisais une pause pour réfléchir, je ne pouvais pas
croire ma chance : non seulement j’étais en train de
recevoir les rayons de soleil et le magnifique ciel bleu
tant désirés, mais aussi de vivre des opportunités na-
turistes dans des paysages à couper le souffle, en
compagnie du parfait guide naturiste, qui m’introdui-
sait à tous les aspects de l’état du naturisme à Malte !

Plus tard dans la journée, nous avions aussi pu ren-
contrer d’autres membres de la communauté naturiste
locale. Ils s’étaient avérés être très bien informés sur le
naturisme dans d’autres pays ; ils pouvaient décrire et
comparer les centres de vacances naturistes en Fran-
ce, en Grèce, en Espagne ou même dans les Caraïbes.
Ils iraient également dans les centres de Wellness en
Europe centrale pour profiter pleinement de la culture
du sauna nu.
Le naturisme dans leur propre pays semblait être une
situation totalement différente. Ils se plaignaient de
l’état d’esprit conservateur de la société maltaise, de la
petite taille du pays et du degré élevé de connexion et
des liens familiaux des résidents, ce qui ne simplifierait
pas du tout un sentiment rassuré d’anonymat lors de
la pratique du naturisme.
Tout cela me semblait plutôt familier… cependant ils
sont plus mal lotis qu’en Irlande, avec leur forte den-
sité de population, un facteur qui ne laisse pas si faci-
lement des zones isolées sur la côte maltaise.
Je quittais l’île avec la satisfaction d’avoir pu nouer
des amitiés profondes grâce à notre croyance commu-
ne dans le naturisme, au contentement d’appartenir à
une communauté naturiste internationale saine et à
l’engagement à travailler pour l’amélioration de la phi-
losophie naturiste.
Grazzi ħafna, ħbieb tiegħi!
(Merci beaucoup, mes amis !)
Source: https://irishnaturism.org/maltese-naturism/