Thomas Lundy est l’auteur de la pétition « Sta naakt
toe in het openbaar zoner beperking-autoriser la nudité
en public sans restriction », où il demande au parlement néerlandais d’éliminer l’article 430a du code
pénal. L’article en question est la partie de la législation
néerlandaise qui indique que toute nudité publique en
dehors des zones où la nudité est explicitement permise, sera punie d’une amende. Lundy est d’avis que
cette loi limite la liberté du choix nécessaire pour les
idéaux individualistes et humanistes, et ainsi il fait valoir
que la liberté de choisir de s’habiller ou pas dans des
situations publiques devrait être individuelle, et non pas
dirigée par le gouvernement néerlandais.
Lundy mentionne les Pays-Bas comme un pays connu
au monde entier pour être progressiste. Il appelle son
projet le « Cinquième Élément », avec l’argument que
la nudité publique pourrait se joindre aux quatre autres éléments sociaux, pour lesquels les Pays-Bas sont
connus : la légalisation de la prostitution, le mariage de
même sexe et l’euthanasie, ensemble avec la politique
de tolérance aux drogues douces. Il n’y a aucune raison
évidente pour laquelle la nudité publique est toujours
interdite, et Lundy remarque que la prohibition vient du
moment où les lois du gouvernement étaient faites pour
son propre bien, ce qui ne s’aligne pas avec la pensée
progressiste plus contemporaine des Pays-Bas. Il cite la
NFN, la Fédération Néerlandaise du Naturisme, comme preuve que seulement une douzaine de personnes
sont poursuivies par année en vertu de cette loi, ce qui
est extrêmement peu pour une population d’environ 16
millions d’habitants. C’est une si petite proportion que
Lundy pense que la loi a totalement perdu son but, c’est
pourquoi il veut qu’elle soit éliminée complètement.
Les opposants à la pétition de Lundy soutiennent que
permettre la nudité aura plusieurs effets secondaires
négatifs, déclarant souvent que la nudité est intrinsèquement sexuelle. Lundy, d’autre part, argumente que
la nudité sexuelle et la nudité publique sont totalement
différentes, elles sont comme « la craie et le fromage ».
Il définit la nudité sexuelle comme un apport sexuel
ou un homme éjaculant du sperme. Interrogé sur les
« Streakers », Lundy pense que, bien que les gens souvent insistent que le « streaking » soit relié à la nudité
publique, ces gens sont en fait différents. Les streakers/
flashers choisissent un endroit spécifique, se cachent,
choquent et puis s’enfuient, alors que la nudité publique
est une façon d’être. La relation entre nudité publique
et l’exhibitionnisme est aussi quelque chose que Lundy
voit comme étant fallacieux. En fin de compte, « Nous
sommes tous nés nus », il n’y a rien d’explicitement
exhibitionniste concernant le corps humain nu. Lundy
remarque que les gens, qui croient cela, sont des gens
« avec une phobie du corps et une mentalité de honte. »
Être habillé peut être aussi exhibitionniste qu’être nue,
selon Lundy, car il y va du désir d’être vu, et non pas
sous quelle forme on est vu.
Les critiques ont aussi une tendance à penser que
légaliser la nudité publique signifierait que, soudainement, tout le monde irait nu partout, quelque chose
qui pourrait provoquer des situations « gênantes » ou
« embarrassantes ». Lundy croit que ceci peut être évité
avec des « règles internes endéans des bâtiments où la
nudité n’est appropriée, comme dans des restaurants
ou des magasins, » mais soutient que ceci ne veut pas
dire qu’il faut le maintenir dans le code pénal. En plus,
le fait qu’on a la liberté de faire quelque chose, ne veut
pas dire qu’on le fait effectivement, ce qu’il accentue
avec l’exemple : « On peut passer devant un coffee-shop
chaque jour, mais on n’a pas besoin d’acheter ou de
fumer de la marijuana. » La modification de la loi pour
la nudité publique n’emmènera pas un changement
drastique dans la pratique, mais fera symboliquement la
différence pour les idéaux humanistes.
Lundy déclare même que l’interdiction de la nudité
publique pourrait être vue comme une forme de discrimination du corps. Il établit des parallèles avec la façon
comment les gens peuvent prétendre être offensés,
par exemple, par la couleur de la peau ou les pratiques
religieuses, et comment ceci est vu comme du racisme
et donc pas accepté dans la société néerlandaise

De la même façon,
la prétention d’être
offensé par la nudité
ne devrait pas être acceptable.
De la même façon, la prétention d’être offensé par la
nudité ne devrait pas être acceptable. Pour mieux
illustrer ceci il introduit la religion de Digambara Jain,
qui est pratiquée surtout aux Indes. Cette religion exige
que ses pratiquants soient nus tout le temps. Dans ce
cas, Lundy explique que la nudité publique en tant que
pratique de Digambara Jain serait autorisée aux PaysBas, comme elle enfreint la constitution néerlandaise
pour discriminer les religions. C’est pourquoi il ne voit
pas pourquoi la nudité publique non-religieuse est
toujours interdite.
Lundy souligne le fait qu’il est plus intéressé au
processus de la pétition et de la cause elle-même qu’au
résultat final. Que la loi en fait soit éliminée avec succès
ou pas, ne joue pas de rôle autant que la pétition crée
avec succès une conversation à ce sujet et aux
normes de la société. Étant ce qu’il appelle un « adepte
du mouvement humaniste », il voit le résultat comme
étant moins important que le processus même.
Il appelle ceci une question de « est-ce que l’eau est
humide », vu que les Pays-Bas sont déjà un des pays les
plus favorables à la nudité au monde. Lundy mentionne
qu’aux Pays-Bas il y a plus de 70 plages naturistes et
plus de mille saunas publiques où la nudité est permise.
Il cite aussi beaucoup d’exemples de nudité publique,
dans l’art, la télé et les protestations.
Un exemple de ceci est le « World Naked Bike Ride »
– balade mondiale nue à vélo. Le WNBR est un mouvement international où les participants se rencontrent
pour faire la balade à bicyclette à travers les villes, en
nudité, pour protester contre la dépendance de l’huile,
tout en célébrant le corps humain et en même temps le
cyclisme.
Un autre exemple est Spencer Tunick, un (artiste) photographe américain qui organise de grandes installations artistiques de personnes nues, dont les corps sont
peints (pas toujours).
Un troisième exemple est la revue à la télé NTR
« Gewoon bloot » (simplement nu), où des enfants
habillés sont exposés à des adultes nus d’une façon
éducative afin qu’ils puissent objectivement commenter la nudité humaine. Lundy mentionne ces exemples
et encore d’autres non seulement pour prouver que la
nudité n’est pas intrinsèquement sexuelle, mais que la
société néerlandaise est déjà assez progressiste de ne
pas considérer la nudité comme un sujet de tabou. Pour
cette raison la nudité publique ne mérite pas la législation à laquelle elle est soumise actuellement.
Lundy croit que la nudité publique est toujours encore
sujette à des amendes à cause des normes sociales
antérieures. Toutefois, les normes sociales changent,
« sinon les femmes ne seraient pas autorisées à porter
des pantalons longs ni à voter. » Il croit que les PaysBas aujourd‘hui sont assez progressistes à accepter la
nudité publique et vous encourage à penser à :
« Pourquoi le corps nu paisible est-il punissable ? »
Pour en savoir plus sur Thomas Lundy
et sa pétition, visitez : (https://stanaakttoe.petities.nl/)

Vilma Strandvik